En prelude à cet enseignement, il est important de faire un bref historique sur l’evolution de l’islam apres Mouhammad (PSL) qui, de son vivant, rappelons-le détenait les pouvoirs spirituels et temporels. A cet partie de l’année 632, donc apres sa disparition, ces pouvoirs ont été successivement détenus, pendant trente ans, par les quatre grands califes Abou Bakr, Ousmane, Omar et Ali.
Hassan, fils de Ali, qui succèda à son père, ne l’a détenu que durant six mois. En effet, pour éviter l’effusion de sang occasionnée par les incessantes guerres entre les fréres musulmans, il préféra abandonner le pouvoir temporel au profit du gouveneur de la province de Syrie : Mohaviyah, homme trés pieux, héroïque mais avide de pouvoir . cet acte confirmait la prédiction du Prophète Mouhammad (PSL) qui disait que trente ans aprés lui, ses successeurs légitimes seraient écartés de sa succession . Cette période correspond a l’ére des dynasties et à l’extermination des descendants de Mouhammad (PSL), la famille de Ali qui a engendré les chérifs.
Ce n’est qu’a partir du IIeme siècle de l’Hegire que le soufisme qui, en réalité , est aussi vieux que l’Islam au sens musulman du terme, s’extériorise.
Rapelons nous en effet que Mouhammed (PSL) disait dans un des Hadith (recueil de ses recommendations) : « Je suis la ville de la connaissance et Ali en est la porte » . Et c’est ce grand personnage , cousin , gendre et quatrième khalife du prophete (PSL), que la plupart des soufis (promoteurs du soufisme) considerèrent comme leur ancêtre spirituel . Rappelons-nous en outre le grand Veis Qarni du Yemen qui a hérité du manteau de Mouhammad (PSL).
C’est auprés de Veis Qarni du Yemen que Mouhammad (PSL), avant de rendre l’âme, envoya Oumar, Ali à qui il avait demandé de le trouver, de lui remettre son manteau et de lui dire qu’il lui revenait l’infime honneur de prier après le prophéte (PSL) et d’intercéder pour son peuple. Rappelons-nous également Djafar Sadikh (fils de Mouhammed Baqir, fils de Zein El Abidine, fils de Hossein Ibn Ali tué à kerbala) et de Hassan Al Bassri qui avait été élevé dans la maison du prophete Mouhammad (PSL) et qui a hérité du manteau de Ali . Ali disait de lui qu’il était le seul homme digne d’enseigner la parole de Dieu. Hassan a rencontré 300 compagnons du prophete (PSL) et 70 des combattants du puits de Badr .Tous ses contemporains ont été unanimes à dire qu’il avait conformé toute sa vie à celle du prophete (PSL). Son maître , khousseifa Ibn Yamân, l’un des premiers compagnons du prophete (PSL) à manifesté publiquement le soufisme, s’était justifié en disant : « Pendant que les gens s’evertuaient à demander au prophete (PSL) comment faire pour vivre dans la paix et s’éjourner au paradis , je lui demandais ce qu’est le malheur et comment l’éviter. C’est ainsi que j’ai herité de l’apôtre de Dieu un savoir exceptionnel. =>
Eléments sur son éducation mystique .

Anal bay ata ( pacte entre le maître et le talibé)
Il est régi par deux principes : d’une part, l’engagement du maître à conduire le « talibé » sur le droit chemin ; ce qui suppose pour lui , d’assurer son « talibé » sur le droit chemin ; ce qui suppose pour lui d’assurer à son « talibé », une ascension spirituelle ; autrement dit, l’engagement du « talibé » à se soumettre totalement à son maître . Les soufis s’inspirent là de ce verset coranique . « Ceux qui (le Prophète) prêtent un serment d’allégeance le prêtent plutôt à Dieu. La main de Dieu est au-dessus de leurs mains ».

Cheikh Oumar Ndiaye , guide religieux à Kaolack, enseigne ainsi ce pacte en résumant l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba en trois mots : Maha, Mada, lâ ilâha ill’Allah . Le Mada correspond au deuxième principe cité ci-dessus, le Maha au premier principe et leur somme (Maha+Mada) donne Mouhammad (PSL) qui s’ajoute à lâ ilâha ill’Allah . Autrement –dit, dans ce monde, il n y a que Dieu et son Envoyé (PSL).

Ce geste rituel peut être scellé d’abord par une confiance qu’inspire le maître susceptible de guider le talibé vers Dieu ; ensuite par un sentiment d’amour que l’on peut du coup nourrir vis-à-vis du maître ou par une reconnaissance de ce dernier sur des services qu’il aurait rendus ; enfin, par pourparler entre la personne qui désire s’approcher de Dieu avec le Saint homme qui accepterait de l’y conduire .
Cet acte peut se traduire la transmission, par le maître, d’un Wird ou de quelques noms divins à utiliser selon une formule recommandée . Le pacte ainsi scellé implique, pour le talibé, un passage par trois étapes :

1-‘Alal irshâdi : c’est la livraison du Wird au « talibé », une manière de l’éduquer. Au cours de cette éducation, le maître lui recommande de se conformer à toutes les recommandations de Dieu ; ainsi le « talibé » n’aura aucun problème pour franchir le pont sirât qui conduit au paradis.
Pour celler davantage ledit pacte, doivent etre instaurés entre le « talibé » et le maître des contacts assez fréquents ou Ziyâra (visites religieuses) ; le « talibé » lui donnant des adiyas en retour des bénédictions du maître .
Toujours dans cette étape, il est loisible au « talibé » de faire, indépendamment des pratiques obligatoires, des pratiques méritoires telles que les prières et jeûnes surérogatoires et de s’isoler, par moments, pour louer le Seigneur.
Ces étapes de faits constituent les préalables à l’ascension du « talibé » et à son accés aux deuxième et troisième étapes ci-après .

2-Awalou Tarbiyatou : c’est une éducation qui a pour objet de fortifier la soumission du « talibé » envers Dieu. Elle peut être assuré de plusieurs manières : dhikr, mortification, travail etc.
Le talibé doit aussi être intégre et craindre son Seigneur. Il doit, dans le cas, se débarrassant impérativement de ces défauts ou vices ; orgueil, jalousie, divertissement, nervosité, rancœur, avarice et autres, et se forger ces vertus : humilité, pureté, déférence vis-à-vis du maître, convenance, en d’autres termes, à toutes les recommandations de Dieu.

Au disciple imbus de ces vertus, il est promis ces récompenses : le statut, le Housnâ (séjour au paradis) et le Ziyâda (bénéficier de la récompense suprême qui consiste à l’accès à Dieu).
Pour se confirmer dans cette foi, le « talibé » peut demander à son maître quelques noms divins à réciter périodiquement.

3-Awalou tarqiyatou : cette étape correspond à l’élévation spirituelle du « talibé » qui est en contact permanent avec la réalité divine.
Il convient de noter que conformément au niveau d’éducation, le maître peut conférer au talibé le titre de Cheikh .
Cette consécration se divise généralement en trois catégories :

Cheikh en raison des services rendus à son maître. Au-delà de la reconnaissance du maître, il ya celle de Dieu.

Cheikh pour le wird ou makhadam : ici le talibé est autorisé à recevoir des néophytes et à leur conférer l’initiation de base.

Cheikh Tarqiya : il est investi, d’un rôle de conducteur d’âme.
Outre son aspect et extérieur (Zahîr), le terme Cheikh, en se référant aux différentes lettres arabes qui le composent, signifie:

Alif : entente avec les gens
Lâm :compassion, tendresse, générosité , envers les autres ,
Shîne : glorifier le Seigneur à tout moment,
Yâ : ne faire que de bons actes et les recommandera autrui,
Khâ : craindre Dieu

2-2 Les itinéraires spirituels :
Le grand Cheikh dit à ce propos qu’il n’ya nul doute qu’un serviteur de Dieu qui se conforme aux piliers fondamentaux de l’Islam ira au paradis. Cette récompense n’implique pas néanmoins, de sa part, l’accès à l’Unité divine. Seul un maître confirmé peut lui assurer ce privilège en guidant son âme par diverses étapes : les stations ou itinéraires spirituels.
Le Grand Cheikh en a fait deux traités. Les 7 puis les 70 itinéraires . Faisons connaissance avec les 7 que d’autres éminents maîtres ont également traités.

1-Nafsoul amâra : ici l’âme du talibé, qualifiée de bestiale, n’aspire qu’aux mauvais actes et s’expose aux rues de Satan. L’impureté de l’âme en est le corollaire . Cet état d’âme empêche l’ascension spirituelle . Le prophète (PSL) ne disait-il pas que le plus pénible des jihâd était le Jihâdoul nafsi ?

-Le maître doit recommander à son talibé l’invocation , le matin comme le soir de : Astakhfiroulâh (j’implore le pardon de Dieu) pour le sortir de cette situation .
Il est même conseillé, dans ce cas, de faire cette invocation en lieu et place de la lecture du coran dont le mérite est pourtant incommensurable en tant que parole divine .

2-Nafstoul lawâma : le talibé est ici au stade dit moùmine (croyant) et son âme, en état de conscience, aspire aux bons actes.
Il arrive même que l’âme se fasse des reproches dès qu’elle péche, ainsi qu’il est dit dans ce verset coranique « Non ? J’en jure par l’âme qui blâme. » Cependant, malgré cette ascension , l’âme est prédisposée à certaines passions . Elle est alors par moments, en balance entre la sharia (loi divine) et la haqiqa (vérité ou réalité divine). Pour qu’elle poursuive son ascension, le grand maître recommande au « talibé » la récitation de la Shahâda notamment pendant les périodes où il est animé de mauvaises intentions .

Le Grand Cheikh précise à ce propos que quand on récite la Shahâda 1000 fois au moment du coucher, la passe la nuit dans les cieux. Si on le fait dans les mêmes conditions à l’aube, l’âme se réveille en face de Dieu ; et si c’est dans l’après-midi, elle se trouve à l’endroit sublime(malakoùt)

3-Nafsoul moulhama : arrivé à ce stade , l’âme ,en état d’inspiration n’est exposée qu’aux petits péchés. Alors « elle inspire aux « talibés » son libertinage ou sa pieté » .Mais si « l’âme est purifiée elle sera heureuse ». Le Zikr alors recommandé par le maître est le suivant : Yâ allahou, yâ houwa (invocations sublimes du Seigneur). Ainsi l’âme baigne dans les secrets divins . Et le « talibé » n’est plus qu’à un palier de la sainteté.

4-Nafsoul moutma’innatou : Quand l’âme en est à ce point, (le réconfort), le talibé frappe à la porte des saints. Il doit par conséquent renoncer à tous les péchés ainsi « l’âme est apaisée » . Le nom Allahou doit être dans ce cas, invoqué très souvent par le « talibé ».

5-Nafsou radiyâ : le talibé par le truchement de ce Zikr est élevé au rang des Saints. Et « l’âme retourne vers son Seigneur, satisfaite » . Dans ces conditions, le « talibé » doit renoncer à toutes les attractions de ce monde et s’abandonnait à la volonté de Dieu. Il ne s’adonne désormais qu’aux Zikr intérieurs (du cœur). Il est effectivement dit dans le coran : « invoquez Dieu humblement, et intérieurement ». Cette invocation entraine le talibé dans un état de ravissement , de possession de l’âme par Dieu. Chaque fois qu’il invoque le Seigneur une fois , cette invocation , par Dieu correspond à une multitude d’invocations.

Pour se faire une idée du caractère sublime de ces itinéraires, il convient de préciser qu’entre le premier et le cinquième l’âme demeure pendant son ascension, entre le Charia et la Tariqa . Bien que satisfaite, ainsi qu’il est dit ci-dessus, elle n’est pas encore agréée. Autrement dit le « talibé » se doit d’œuvrer davantage dans la voie divine.

6-Nafsoul mardiya ou sadiq : cette persévérance dans la voie divine permettra au « talibé » de dépasser la Sharia et la Tariqa pour accéder à la réalité ou vérité divine (mardiya ou sadikh). A cette étape également appelé haqiqa, « l’âme est agréée » parce que pure et parfaite . Cet agrément se traduit chez le « talibé » par une extase dès qu’il invoque le Seigneur. Ces pensées sont mues par la présence de Dieu. Il est , en d’autres termes, très proche de Dieu et Dieu est très proche de lui. Les soufis l’interprètent à la lumière de ce verset coranique : « Nous avons ce que son âme lui suggèrent car nous sommes plus proches de lui que sa veine jugulaire» .

7-Nafsou kâmil : à ce stade l’âme en est la plénitude divine. Celui qui y accède est appelé « Maître des maîtres ». Par conséquent, il est habilité à assurer la formation spirituelle d’autres gens qu’il guident dans la voie permettant de ce conformer au verset ci-dessus (L, 16) ; adorer Dieu à tout moment constitue sa seule préoccupation . Tous ses organes ne vivent que pour Dieu . Arrivé à ce stade, l’on est investi d’un pouvoir spirituel différemment appelé : qûtbâniya ou pôle du temps , ami de Mouhammad (PSL) ‘ubûdiyya ou serviteur exceptionnel de Dieu .

Toutes ces péripéties supposent, de la part du maître, la maîtrise du bâtin. Indépendamment de ces sept itinéraires , Cheikh Saad Bouh a mis en évidence le pouvoir de Hawsou qu’il caractérise ainsi : il est, de son vivant, unique dans l’univers, il est commun à toutes les créatures. Naturellement effacé, il n’est pratiquement pas connu des gens.
Sa volonté est celle de Dieu et il est le successeur spirituel de Mouhammad (PSL) par qui transitent toutes les décisions divines.
Ghazali dit à ce propos que le véritable guide de l’Islam est un Imâm, même s’il reste « caché » et vit dans la clandestinité. Il est infaillible et impeccable .
Ce pouvoir suprême n’est effectivement dévolu qu’à un chérif qui en assume ainsi la fonction . Cependant, un homme de Dieu très distingué peut en bénéficier mais sur titre .

Il est reproduit ci-après le schémas de la hiérarchie décrivant les étapes déterminantes par lesquelles transitent les décisions émanant du Très-Haut ; les différents élus ne bénéficient de ces privilèges que de leur vivant. Ils sont en conséquence remplacés dès qu’ils rendent l’âme .

Hawsou : il est le chef du « gouvernement » ;

Wakil : il est unique dans son époque et il détient tout ce qui se rapporte au Zahîr (l’apparent) et au bâtin (caché) ;

Imâmâni : ils sont au nombre de 2 ; l’un détenant le Zahîr, l’autre le bâtin ;

Lawtaab : au nombre de 4, ils se répartissent les quatre points cardinaux ;

Labdaar : ils sont au nombre de 7 dont les 4 sont du rite
Ces itinéraires pouvant assurément faire l’objet d’un ouvrage , je n’ai aucunement la prétention de les détailler ici . Aussi n’en donnerai-je qu’un aperçu.
Ainsi qu’il a été dit dans les 7 itinéraires, et précisément au niveau du septième (plénitude de l’âme), le pôle de l’époque en constitue la sommité de l’ascension pour accéder auprès de ceux qui sont déjà couronnés .
En voici, schématiquement, la chronologie ; l’accès à ces 70 itinéraires est tout d’abord subordonné à 7 conditions.

1-Jouir de la considération de Dieu, Dieu portant son choix sur qui il veut ;

2- Etre intègre ;

3-S’abonner à la dévotion tout en se regardant d’adjoindre à Dieu nul associé ;

4-S’évertuer à approfondir son savoir. Ainsi, il faut connaître les obligations divines et les traditions de Mouhammed (PSL) (Sounna) ;

5- Faire abstraction de tous les désirs de ce monde ;

6-S’accommoder des recommandations de Mouhammad (PSL) ;

7-Se placer sous la bannière spirituelle d’un Grand Maître qui a accédé à la plénitude divine (Kamâl).

Chacune de ces 7 conditions dispose de trois ramifications. Illustrons, à titre d’exemple, la première condition dont les ramifications sont les suivantes :

-s’adonner exclusivement à la dévotion ;

-avoir l’amour pour les hommes de Dieu qu’il est recommandé de fréquenter et d’avoir confiance en eux, notamment dans le savoir.

-et enfin , observer les recommandations de ces hommes de Dieu.

Cependant, dans la poursuite de la décentralisation des choses, on notera l’existence de sous ramification issues chacune des ramifications précitées. Et le processus continue dans la même proportion de multiplication par trois.

L’accès aux 70 itinéraires est assujetti au passage par plusieurs « échelons » caractérisés par des conditions (7 et 3) que le disciple engagé se doit de remplir . Il n’est pas mon propos de les détailler ici.
Il est donc clair que l’itinéraire spirituel a essentiellement comme base les trois piliers de la région : l’Islam (la soumission), l’Iman (Foi) , et l’Iksan (comportement parfait). Et pour peu qu’on soit initié au soufisme , l’on s’aura que c’est l’Iksan qui favorise l’ascension spirituelle. Dans cette ascension, le disciple en arrivera au point qui lui seront visualisés l’âme des élus de Dieu. C’est pour cette raison que les Grands Saints se connaissent mutuellement excepté le Hawsou

-celle des prophètes dans leur portrait sublime et celles des anges.
A ce stade de l’ascension, le disciple peut, par le biais du Grand Maître, accéder à un degré spirituel plus élevé : celui réservé aux élus de Dieu . Ce qui explique le fait que certains maîtres confirmés vont à la recherche de cette catégorie rare de maîtres exceptionnels ou Grands Maîtres pour accéder à ce ce rang où le disciple reflète la lumière divine. Cheikh Saad Bouh précise à ce propos, qu’il en était arrivé à un degré d’ascension au point que Dieu lui a accordé le privilège de disposer à volonté des deux mondes : ici-bas et l’au-delà. Il a décliné cette offre car, explique-t-il, en acceptant les avantages proposés, il n’aurait pas atteint son unique objectif : jouir davantage de la connaissance de Dieu.
Ainsi Cheikh Saad Bouh dit qu’il a été élevé au rang de Serviteur sublime de Dieu.

Il importe de souligner qu’en cours d’ascension vers ce stade spirituel, beaucoup d’élus de Dieu ont eu à s’arrêter au makhâmou Ibâdatou (bénéfice des bienfaits dans ce monde et dans l’au-delà).

Cheikh Saad Bouh précise en outre que, lorsqu’un disciple accède à ce degré de spiritualité , il doit se conformer à une certaine observance et cela, à titre de rappel seulement. Car, c’est là une attitude qu’on doit observer au départ .

L’étendue et la transcendance des 70 itinéraires ne me permettent pas d’en dire davantage. Les exemples que j’en ai donné plus haut, peuvent suffire. =>
Sa litterature

Cette littérature étant essentiellement axée sur l’enseignement, il parait nécessaire d’en parler ici brièvement.
Considérée comme un trésor par ses descendants, cette littérature a été pendant très longtemps séquestrée par ceux-ci à telle enseigne qu’elle est connu de peu de gens . Ce n’est que pendant ces dernières années qu’elle a été partiellement portée à la connaissance du public. Les ouvrages du Grand Maitre ont été évalues ă 313 000 mais il a tenu, de son vivant, en a détruire une très grande partie, craignait que certains écrits ne mènent des lecteurs non-initiés au sacrilège. Ainsi, un récent inventaire a permis de récence 69 ouvrages dont une partie se trouve énumère en Annexe 3.
Des recherches entreprises sur la fréquences des écrits du Grand Maitre ont donne ces estimations ;
-3.312 vers par jour,
-828 khat (groupe de 5 à 12 vers) par semaine,
-1 hassid (périodique) par mois.
– et un ouvrage par an
En homme de lettres, Cheikh Saad Bou, à l’instar des soufis, loue, dans la plupart de ses écrits, Dieu et Son Envoyé, Mouhammad (PSL)
Ses écrits comprennent par ailleurs des écrits d’ordre historique, scientifiques, religieux et philosophiques. Voici un bref résume de quelques-uns d’entre eux ;
1khatibou layai : cet ouvrage traite de tout ce qui a trait formes du Savoir.

2 Mourchidoul askhan ala takhsili toubil abdane : cet ouvrage grandiose rédige en trois jours, traie de deux aspects : encyclopédie médicale et encyclopédie sociologique.
Pour ce qui a trait à la médecine, Cheikh Saad Bou y détermine les causes et les remèdes des maladies de l’homme, lesquels remèdes étant à base de minéraux (or, argent, fer,…). Faune et flore. D’autres part, il établit un traite sur la morphologie sociale, un domaine sociologique d’une importance capitale pour les tribus negro africaines singulièrement. En effet, y sont mises en évidence les conditions de procréation des races (choix des partenaires, quand et comment faire l’amour ?…) C’est après la disparition du grand maitre qu’on s’est rendu compte de la véracité de tous ses propos.

3 Inal mourada (la nostalgie du prophete), après que le prophète (PSL) lui eut demande par révélation de lui dédier un poème exceptionnel, Cheikh Saad Bouh fut inspire pendant qu’il faisait ses ablutions. Effectivement, après celles-ci, il dicta à un de ses secrétaires le contenu de cette œuvre qui force l’admiration. Il s’agit d’un poème en acrostiche. C’est à ce titre que le Grand Maitre dit que Inal Mourada sert de guide d’inspiration à tous les poèmes dédies à Mohammad (PSL)

4. Alsounatoul Nafisatou fi radi bayhatil Hadisati (démenti sur ma soumission) : Cheikh Saad Bouh priait quelques vendredis (à l’heure du Zohr) chez son frère Cheikh Ma El Ayine, au Maroc sans qu’on ne s’en rende compte dans son entourage . En effet chaque fois que Cheikh Saad Bouh sortait de sa tente pour préparer la prière du vendredi, il en profitait pour aller mystérieusement au Maroc d’où il revenait, dans les mêmes conditions qu’au départ, pour prier avec ses disciples. C’est au cours de ces prières au Maroc qu’un disciples de Cheikh Ma El Aynine habitant le Banka, près de Boutilimit, de retour dans cette région, y annonce que Cheikh Saad Bouh était le disciple de son maître pour qu’il gardait le troupeau . Et la nouvelle est vite répandue dans toute la Mauritanie. Cheikh Saad Bouh prit sa plume pour écrire l’ouvrage précité. C’est dans cet ouvrage qu’il retrace les faits saillants de sa vie tout en précisant qu’hormis son père, il n’avait point d’autre maître .
5 . Al adios : il est difficile de donner un titre exact à ce magnifique poème exceptionnel dédié à Mouhammad (PSL) du fait qu’il est segmenté en 32 parties portant chacune un titre : le soleil, la lumière, la lumière, la vie, etc. C’est dans ce poème que Cheikh Saad Bouh a trouvé des qualificatifs exceptionnels pour le Prophète (PSL) et qui a motivé le premier départ de Cheikh Ahmadou Bamba en Mauritanie. Le grand fondateur du mouridisme était alors omnibulé par un seul objectif : contacter l’auteur de Al adiôs qui se trouvait en ce moment à Toueyzikt, alors inaccessible . Le saint de Touba profitera de ce séjour pour exploiter à Tin Douja (Boutilimit), chez Cheikh Sidiya, la bibliothèque qui C’est avec celle de toumbouctou au Mali, la plus riche en Afrique Occidentale. C’est aussi ce poème qui a fait pleurer Cheikh Ahmadou Bamba quand Cheikh Sidy Bouya, l’aîné de Cheikh Saad Bouh, envoyé par son père chez Khâdimou Rassoul, l’avait récité à son intention.
6.Nôrou sirât fi ilmil tasawwufi :(lumière sur le chemin menant au soufisme) : œuvre grandiose également de 666 vers. Le Grand Maître dit qu’elle sert de guide aux musulmans pour franchir Sirât, chemin menant au paradis
7. Al khawâtimou : Cheikh Saad Bouh y retrace, d’une manière exhaustive, la vie de tous les fils de Cheikh Mouhammad Fadel , avec rétrospection de leurs actes de dévotion, leur pouvoir spirituel et leurs dernières volontés .

8. Tahdjisoul bourkhâne fi alati cahami woudoukhâne
( l’utilisation du tabac: difficultés pour formaliser son interdiction.) . Son utilisation est toujours l’objet de maints commentaires des savants dont la plupart d’entre eux, comme le Grand Maître, ont argué de ses méfaits (destruction de la santé, incommodité de ses voisins, etc.) et opté pour son interdiction. Cependant on constata, à la surprise, qu’un jour, il vit fumer, Cheikh Sidaty à qui il ne dit rien . Interrogé sur son attitude passive, Cheikh Saad Bouh dit que si son fils ne fumait pas il ne pourrait être en rapport avec les gens. Cet état de fait s’est justifié lors du khalifat de Cheikh Sidaty qui voulut, étant le successeur de son père, se conformer à toutes ses recommandations. Il cessa alors de fumer . Et il arriva à ne plus reconnaître personne, même ses proches . Sa sœur Nafissatou, se rappelant ce qu’avait dit son père, contraignit Cheikh Sidaty à reprendre le tabac dont l’utilisation dimunie l’intensité de la lumière spirituelle.

9. Man bahoul irtidjât : Cheikh Saad Bouh y demande à Dieu de le dispenser des péchés non intentionnels.

10. Silâhoul maharik fi jawâbi Moulaye Mbarick ( réponse à Moulaye Mbarick à propos des armes de guerre) : après une discussion intervenue sur l’utilisation de ces armes, Moulaye Mbarick, non satisfait des réponses recues çà et là, demanda à Cheikh Saad Bouh ce qu’en dit la voie divine (sharia) ; les réponses que donne le Grand Cheikh, constitueront ce livre
Son influence réligieuse

L’un des objectifs majeurs de Cheikh Saad Bouh, était rappelons-le, de propager l’Islam dans sa zone geographique de predilection ; l’Ouest.

Aussi chargeait –il cette mission de propagation à ses representant tous eleves au rang de cheikh et sans aucune distinction de confrerie.

En effet il remettait toujours à ceux-ci le wird de leur choix. Et en les intronisant comme ses representants, le grand Maitre usait de Tamkin, procédé mystique exceptionnel qu’il est nécessaire d’illustrer en retrançant l’étendue de l’influence religieuse du Grand Cheikh.

En mauritanie

-Dans le trarza: l’influence du Grand Maitre , partielle chez les Loubeidat, Ehel Bou Hobeini, Tangounant Ould Houloud, Tachedbit et Ehel Barick Allah, était parcontre considerable chez les ntaaba et ehel Ag Dabiaye. En bordure du fleuve, dans le canton de Thiekane (residence Mederdra), il comptait plusieurs representants Haal Pulaar’en.
-Dans le Brakna: son influence ne s’etendait que chez les Id Ag Djemouella et Thagatt.
-Dand l’Adrar: c’etait seulement chez les Smassidesa qu’on trouvait ses reprentants.

-Dans le hod Sahel , les vallées de la Seguia et du Dra: ayant quitté ces regions tôt, Cheikh Saad Bouh y compte trés peu de representants mais son nom est vénéré chez tous les taleb Mokhtar. Certains de ses frères sont mêmes devenus ses disciples notamment : Cheikh Abderrakhmane dit Abdati, Cheikh Sdy Lamine et Cheikh Sidy El Khir.

Voyons les circonstances dans lesquelles certains de ses representants furent intronisés.

Cheikh Tourad Ould Cheikh Abbas Ould Cheikh Hadrame Ould Cheikh Mouhammad Fadel: son pere, Cheikh Abbas, était un disciple de Cheikh Ma El Aynine, au Maroc. Une discorde étant intervenue entre eux, il quitta son maitre pour s’installer dans le desert d’où Cheikh Saad Bouh envoya le chercher. Interrogé sur son comportememt, Cheikh Abbas expliqua à son oncle Cheikh Saad Bouh qu’il s’est volontairement isolé pour prier le Tres -Puissant de l’élever au même degré de pouvoir spirituel que Cheikh Ma El Aynine.
Dieu ayant déjà fait élever son frère au rang de qutb (pôle de l’époque). Cependant , ajouta-il il peut prier pour qu’un de ses proches ait cette distinction. Dieu exauca cette priere et le jeune Mouhammad Fadel devra en être gratifié.

C’est ainsi que ce dernier quitta le hod pour rester auprès du Grand Cheikh trois ans durant. Un jour il demanda à son maitre : »pourqoi pour ma Tarbiya (formation) ne me faites vous pas travailler comme la plus part des diciples; ma faible constitution en est peut-être la raison? »
« Non lui repondit celui-ci, car , c’est à partir du thé que je vais te donner mon enseignement . Il va faloir que tu te « Saoules » du Thé ».
Peu de temps après cette « épreuve », Cheikh Saad Bouh l’appela et lui dit en prenant son chapelet : »les grains de ce chapelet symbolisent les saints et tu es leur temoin (tourad) ».

Et depuis ce jour, Cheikh Mouhammad Fadel est ainsi surnommé Cheikh Tourad , qu’il ne faut pas confondre avec Tourad, fils de Cheikh Hadrame Ould Cheikh Mouhammad Fadel , sera le maitre du Grand Savant Boutilimitt Cheikh Sidy Mouhammad.

Il se révélera au monde musulman comme un poète, un érudit, un juriste exceptionnel dont l’oeuvre soufie est aujourd’hui recherchée par les initiés au soufisme.
Cheikh Tourad a été enterré au cimetière des « abattoirs » corniche Ouest de Dakar ». Il rendit l’âme dans cette région peu de temps après son pelerinage à la MECQUE.

Cheikh Makhfouss Ould Cheikh Taleb Khiar Ould Cheikh Mouhammad Fadel: il est resté quatorze ans auprès du Grand Cheikh.

Après un Sejour au Mali et en Guinée ou il a contribué à la formation spirituelle de Samory, Cheikh Saad Bouh decida de le fixer au Sud du Senegal (Casamnce Gambie, Ginee Bissau) où les populations étaient profondément des animistes. Le khatim (sens caché dans l’utilisation des noms divins) que lui permit faire face a tous les esprits téléguides contre lui. Ainsi il parcourut vingt trois ans durant (de 1877 à 1900) toutes ces zones où il compte de nombreux disciples dont plusieurs rois locaux: Moussa Molo des firdou (Gambie), Thierno Diallo (Guinee Bissau), Moulaye DRAME(Marsassoum), Bourama Diatta(Tambacounda ).

Et parout sur son passage , il recommendait aux populations islamisées, la creation d’écoles et de mosqués ainsi que l’amélioration de l’agriculture, de l’elevage et du commerce. Après avoir fondé les villes de Darou Salam 1 et 2 et près de Sedhiou et Bamako, il mourut, en 1919, dans cette dernière ville où il avait soigneusement préparé quelques jours avant , son tombeau.

Cheikh Sidy El Khir Ould Cheikh Mouhammad Fadel: très tôt, Cheikh Saad Bouh demanda au benjamin de la famille de Ould Mamin, homme de Dieu trés Bouillant, d’être son disciple. Il refusa, préférant faire sa Tarbiya auprès du tombeau de Cheikh Mouhammad Fadel. Un jour alors qu’il se trouvait a Ganguel (près de Matam), chez Cheikh Moussa Kamara, Cheikh Sidy El khir eut à discuter avec Cheikh Makhfous du délai au bout duquel les chameaux perdus d’une femme de la zone seraient retrouvés. Cheikh Makhfouss ayant pris le dessus par l’exactitude de ses previsions, il se ravisa sur les conseils de celui-ci, à faire sa tarbiya auprès du Grand Maitre . De retour au Hod , il entreprit le 16 juin 1909, le voyage avec dix compagmons sur Tal Khay Agnan, a 25 km au nord de Nimjat, où se trouvait alors Cheikh Saad Bouh, sollicitant la baraka par le biais d’une prose à 16 vers . Et le grand Maitre tint ces propos:  » Depuis que tu as formule l’intention de venir aupres de moi, Dieu t’a inscrit parmi ses elus ainsi que dix de tes compagnons. Il vous est donc loisible de descendre de vos montures pour boire avec nous le lait de tarbiya ou de retourner dans le Hod ». Ayant ainsi reçu l’enseignement de son grand frère, Cheikh Sidy El khir, devenu plus doux accepta de se marier.C’est pour cette raison qu’il dit a sa progeniture : »n’eut été Cheikh Saad Bouh, je me consacrerais exclusivement à Dieu et vous ne seriez pas de ce monde »

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Cheikh Mouhammad Ibn Tefi: dans le chapitre consacré à l’exode , il a été souligné que ce personnage était le plus grand détracteur et adversaire de Cheikh Saad Bouh. Lors de son pélérinage a la mecque il attendait avec d’autres pelerins l’arrivée de l’imam, pour prier .

Cheikh Ahmad Ben Maaly de la tribu de Thagatt: il habitait Maxtalajaar , près de Boutilimitt. Cheikh Saad Bouh l’appelait le maitre des Saints et c’est à lui qu’il avait remis les trois notes, il mettait en evidence la grandeur de ce nom (nom sublime de Dieu) et priait en substance Dieu de lui pardonner tous ses peches et de le remercier de la vertu dont il a gratifié ce « fils ». Et quand plus tard Abdoul Aziz atteignit l’âge de la majorité, il partit trouver, chez lui, le vieux maitre des saints. Ce dernier , l’ayant reconnu intérieurement ( batin) lui remit le message et dit : »Ma mission accomplie, je peux disparaitre ». Il rendit l’ame effectivement, peu de temps après.

Mouhammed Sakhnoune de la tribu des Ehel ag Dabiaye: il était attache a Cheikh Saad Bouh . Il était d’un degré de spiritualité tel que, lorsqu’il rendit l’ame, près de Tiguent, l’on n’avait pas cru à sa mort . En effet lors de sa toilette funèbre effecctuée par Cheikh Sidy Bouya Ould Cheikh Saad Bouh et et Sidy Bouya Ould Abderrahmane, il tendit a ceux-ci ses membres à chaque fois qu’ils finisaaient d’en laver un autre.

Cheikh Bachir Ould Mbarickde la tribu de Id Atjfara du Tarza :il était un éminent savant et secrétaire particulier de Cheikh Saad Bouh dont il était, en outre, le gendre. Il est l’auteur de Biwadi nassaibi, oeuvre grandiose dans laquelle il a été traité, d’une manière exhaustive, l’arbre génealogique du Prophète (PSL) jusqu’a son ancêtre Adnan et qu’il a achevé ainsi: »Si l’on vous demande qui est l’auteur de cette ouevre , dites que c’est l’oeuvre de Cheikh Saad Bouh. »

Ce Grand savant s’est outre fait distinguer lors de son pélérinage à la mecque où il se rendit avec onze de ses « talibés ». En effet, lorsqu’une panne importante fut décelée dans le bâteau qui devait les amener à djeddah, en Arabie Saoudite, les trechniciens européens , après avoir tout tenté vainement eurent recours à lui . Aussitôt qu’il interpella : »Ya Cheikh Saad Bouh » le bâteau mu par on ne sait quel phénomène , alors qu’il était au large du Maroc, debarqua à Djeddah.

Ahmed Ibn Hanbal de la tribu des Ntaaba : le grand Cheikh lui a été toujours reconnaissant pour le fait d’avoir trés tôt cru en lui. Il lui témoigna dans Inal fouwada ou en l’appelant « celui en qui l’on a confiance » a prié pour lui.

cheikh Amar Ould Maouloud (Ntaaba) : il était la cassette personnifiée tant il connaissait par cœur les poèmes du Grand Maitre, poèmes qu’il aimait chanter .C’est justement à lui qu’avait pensé Cheikh Saad Bouh lorsqu’un vendredi après la prière du Zikr, il s’était attardé chez Cheikh Ma El Aynine au Maroc, car les disciples de ce dernier, après la prière du Zohr, s’était mis à chanter ses louanges au point que Cheikh Saad Bouh en devint jaloux. Dans sa position meditative, il pensait à Cheikh Amar qui à cet instant , se trouvait auprès de son troupeau à Ziré, donrc à des milliers de kilometres du Maroc. Par le truchement d’un remarquable miracle , Cheikh Amar se trouva aussitôt auprès de son maître . Sa présence sera effectivement détectée par Cheikh Ma El Aynine qui , mystérieusement , entendit, en plus des poèmes qui lui étaient dédiés, d’autres langoureusement chantonnés . Aussitôt dit-il à l’endroit de ses disciples : « Cessez de chanter mes louanges et entonnez celles de mon père ici présent ».

Au Sénégal
L’influence de Cheikh Saad Bouh était également considérérable dans la plupart des provinces de ce pays ou il comptait de nombreux représentants.

-Fouta et Bakel : Cheikh Saad Bouh , en occupant les places laissées vides par les fils et successeurs de El Hadji Oumar, y a instauré particulièrement la Tidjaniya et parfois la khadrya et la Tidjaniya .
On comptait parmi ses principaux representants : Cheikhou Moussa Kamara dans le cercle de Bakel ; Cheikhou Boukhar Datt, Cheikh Laba, Siré Abbâs Sow, Cheikh Souleymane et Thierno Yérim Bâl dans le cercle de Saldé- Diorbivol ; et El Hadji Hamadou Abdoul Karim dans le cercle de Podor.

Cheikh Moussa Kamara (Ganguel près de Matam) : il était un très grand Moukhadam de la confrérie Tidjaniya. Doudou Seck dit « Bou El Moghdad » disait de lui que quiconque essaie de le comparer à un autre marabout, c’est comme s’il voulait mettre en paralelle un sabre fort tranchant et un canif. L’un des petits fils de El hadji Omar (fils d’Aguibou) qui était à Dinguiray (au Mali) disait également de Cheikh Moussa que leur grand-père (El hadji Omar ) ne lui était supérieur que parcequ’il était guerrier, la seule différence est que l’homme de Guanguel ne porte pas de sabre .
Cheikh Moussa Kamara était très intelligent et instruit et avait été l’auteur de plusieurs ouvrages dont l’un des plus célébres :  » la vie d’El Hadji Omar » , a été traduite en français par le professeur Amar Samb de l’IFAN .C’est après avoir rencontré Cheikh Saad Bouh à Saint Louis qu’il s’est résolu à se rendre à Nimjat pour un Tarbiya d’un mois. Il sera ainsi à la fois Moukhadam Tidjaniya et Khadrya très influent. Une Ziarra annuelle est organisée dans son village de Ganguel où il est enterré depuis 1943 , à l’âge de 79 ans.

Cheikh Boukhar Dat de Néré : ce nom de famille signifie en pulaar « encre » (dâ) . Il le lui était atttribué du fait que toute sa réputation résidait dans sa plume avec laquelle il a fait plusieurs miracles. D’ailleurs il est parvenu, un jour, à soigner un fils de Cheikh Saad Bouh qui était gravement malade .
Ce qui lui a valu de la part du Grand Maitre une note dans laquelle il recommande aux gens de lui donner des hadiyas. Ses descendants résident pour la plupart à Saint –Louis où son fils Ibrahima , très attaché à Cheikh Saad Bouh, a formé la plupart des éminents maîtres coraniques de cette ville.

-Saint-Louis : Cheikh Saad Bouh y jouissait d’une grande considération . Ses principaux représentants y étaient : Cheikh Mbarick Diop, Cheikh Ndos , Cheikh Moustapha Guéye, Abrane Guéye et Cheikh Ahmadou Dieng .

Ce dernier , grand érudit , pensait qu’aucun homme ne lui était plus proche de Dieu . C’est pour cette raison qu’il s’était dit, en lisant un des écrits de Cheikh Saad Bouh dans lequel celui-ci dit qu’il est incomparable, que seul un maure sait tenir ces propos. Et il perdit aussiôt tout son savoir. Pour avoir des éclaircissements sur son état du reste très inquiétant , il partit à Dakar auprès de Youssouf Ba Amar Guèye. Ce dernier lui demanda d’aller voir Cheikh Ahmadou Bamba à Diourbel. Dés que Khadimou Rassoul vit Cheikh Ahmadou Dieng, il fit une prière en deux prosternations (rakkas) et lui dit « Tu as offensé Cheikh Saad Bouh ; vas sur tes pas le rejoindre à Nimjat ».

Sitôt que Cheikh Ahmadou Dieng se présenta à la ville sainte, le Grand maître fit de lui un berger en lui remettant une partie de ses troupeaux. Ce n’est qu’au bout de trois ans que Cheikh Saad Bouh l’appela et lui etreignit la tête sous son aiselle pendant quelques instants. Libéré, il tomba en transe. Lorsqu’il recouvra ses esprits, le Grand Cheikh lui demanda : « Qu’a- tu –vu ? »
« Le pidestral du thrône de Dieu)
C’est ainsi que Cheikh Ahmadou Dieng reçut l’enseignement du Grand Maître qui lui dit « je t’ai conféré un savoir inestimable que tu devras professer partout où tu iras. Mais sache effectivement , je suis incomparable » .
C’est en raison de cet état de faits que Cheikh Saad Bouh a dit « j’ai fait acceder à Dieu Cheikh Ahmadou Dieng qui guidait les autres saints vers la lumière divine ».

-Ndiambour : Cheikh Saad Bouh y était principalement représenté par Mademba Sylla à Louga, Cheikh Bolo à Ngouma , Cheikh Ahmadou Diop à Massar Diop « 1 » au Ndiambour puis à Ngouma ( Cayor) et Ndiouga Diagne à Ngadj ( près de Sakal).

Cheikh Bolo : il était un commerçant très riche et voyageait entre Saint-Louis et Ngouma Guéoul . Très pieux, il prête serment à Cheikh Saad Bouh qui lui dit un jour « Mon ancêtre Mouhammed (PSL) t’aime tellemnt quiconque t’aime ira au paradis. Seulement, étant donné que tu es très riche et que le Prophète (PSL) n’aime pas l’opulence, j’ai prié le Tout-Puissant afin que tu sois modérément riche ».

Pour l’amour qu’il avait pour le Prophète (PSL) et Cheikh Saad Bouh, Cheikh Bolo préféra se débarrasser de sa fortune.

Cheikh Ahmadou Diop : le Grand Cheikh l’avait autorisé à livrer aussi bien le Wird khadrya que le Wird Tidjaniya.
Il a dit de lui que Dieu et Mouhammed (PSL) aiment tous ceux qui aiment le sage Cheikh du village de Massar Diop « 1 » . C’est pourquoi Cheikh Saad Bouh a écrit que tous les membres qui composent son corps sont amoureux de Cheikh Ahmadou Diop . Il lui a en outre dit : « Le bonheur sera ton compagnon

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